French poem
078 (Hélas ! chacun de nous vers…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Hélas ! chacun de nous vers le rêve emporté Use en ce vol oiseux toute sa force humaine ! Tu sais bien que le rêve est hors de ton domaine. Mais tu veux toujours plus que la réalité.
Pourquoi t’obstiner vers l’irréelle Beauté ? Il n’est pas de chemin terrestre qui t’y mène. Tu n’auras point la récompense de ta peine. Aie, enfin, la pudeur de ta stupidité.
As-tu donc le désir d’ouïr ton glas qui tinte ! Cette Beauté, qui ne peut craindre ton atteinte, Si tu l’irrites, peut te foudroyer demain.
De ceux qu’elle a tués on ignore le nombre… L’Idéal est la proie interdite à ta main. Allons ! contente-toi, sagement, de son ombre.
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