French poem
081 (Ces traits, que nous pensions dignes…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Ces traits, que nous pensions dignes d’une statue Céleste et qu’un dieu seul avait pu concevoir, Trop tôt dans cet éclat nous cessons de les voir. Cet éclat radieux, l’habitude le tue !
Oui, trop vite, notre œil infirme s’habitue À cet éclat qu’il a créé sans le savoir : Et, tout d’un coup, de cet éclat, ô désespoir ! Nous trouvons la si chère face dévêtue.
Cette face n’est plus ce que nous la croyions : Tristesse ! elle a perdu, soudain, tous ses rayons : Elle n’est plus qu’humaine, ayant été divine.
À notre œil refroidi, qui brûla, tout d’abord, D’un feu qui la dorait, plus rien ne l’illumine : Et ce soleil d’amour n’est plus qu’un soleil mort.
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