French poem
080 (Les premiers jours, notre œil est…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Les premiers jours, notre œil est avide, il se soûle De ces traits qui pour lui sont encor tout nouveaux. En a-t-il vu jamais de plus purs, de plus beaux ? Furent-ils pas empreints sur le plus divin moule ?
Sans fausse honte, ingénument, devant la foule Aussi bien qu’à l’abri des plus denses rameaux, Dans l’oubli de tout l’univers, de tous ses maux, À l’aspect de ces traits, notre regard roucoule !
Pour moi, je l’entendis, le doux chant de tes yeux, Les premiers jours. C’est une musique des cieux. Écrite seulement à l’usage de l’âme.
Aucun musicien ne l’exprime ici-bas. Non ! Beethoven lui même en ressentit la flamme, Et voulut la fixer, mais n’y réussit pas !
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