French poem
083 (Un de nos premiers jours, bras…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Un de nos premiers jours, bras dessus, bras dessous, Pareils aux deux amants de l’idylle bourgeoise, Nous marchions tout le long du bord gentil de l’Oise. Vers toi je m’inclinais, de tendresse dissous…
Deux ouvriers qui nous suivaient (étaient-ils soûls ?) Crièrent, d’une voix canaillement narquoise, L’un : « Quel chiqué, bon Dieu ! Qu’est-ce qu’il lui dégoise ! » L’autre : « Il ne lui dit pas qu’il l’aime pour ses sous ! »
Ainsi, l’amour qui passe incite au persiflage ; Et, lorsque deux ramiers, blottis dans le feuillage, Roucoulent joliment, au soleil de l’été,
Le canard gouailleur, interpellant la cane, La veut prendre à témoin de leur stupidité, Tandis que le pivert, en s’envolant, ricane…
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