French poem
193 (Moi, tu m’as ramassé ; tu…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Moi, tu m’as ramassé ; tu m’as fait cet hommage ! Oui, tu me ramassas, tout seul d’entre un millier ! Or, je n’étais pas plus que d’autres singulier ; Je ne t’étonnai point par un plus beau plumage.
Mais il était écrit, sans doute, sur ma page Que, pourtant, tu voudrais me tirer du hallier ; Et tu le fis, rêvant d’imposer un collier À celui qui semblait redouter l’esclavage.
Car, tandis que les autres, criblés de tes plombs, Sautelaient, suppliants, derrière tes talons, Je demeurai sur place ; et, cette chose est sûre,
À leur honte j’aurais préféré le trépas ; Et tu voulus me prendre et panser ma blessure, Lorsque tu vis que, moi, je ne te suivais pas !
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