French poem
198 (Certes, l’on peut tout dire…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Certes, l’on peut tout dire ; en ce pays, surtout ! La riche langue qu’on y parle est l’interprète La plus souple pour tout prosateur ou poète : Le sang gaillard et clair de nos vignes y bout.
N’en mêlons point le flot limpide aux eaux d’égout ! Et, si, parfois, sa course est vive et guillerette, Suivons-la sans scrupule en sa plaisante traite, Sans jamais l’écarter des rives du bon goût.
Au surplus, laissons là, tôt, cette métaphore Que le goût précité très justement abhorre. (Car la comparaison est un chemin petit,
Qui s’apetisse encore et finit en impasse) Et disons, simplement, — La Fontaine l’a dit, — Qu’on peut tout dire, tout, certes, mais avec grâce.
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