French poem
199 (Poète, quand tu peux, sur l’azur…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Poète, quand tu peux, sur l’azur tu cisèles, Un ciselet brillant de lumière en ta main ; Et tu voudrais n’avoir que l’éther pour chemin ; Ton zèle harmonieux est le plus pur des zèles.
Mais, si tu sais bondir à l’instar des gazelles, Tu ne saurais, pas plus aujourd’hui que demain, Prétendre à mieux régler ton faible essor humain : Et c’est bien rarement que l’on te voit des ailes.
Trop souvent, à ton gré, dans ton vol inégal, Tu heurtes de tes pieds quelque sommet fécal ; Et dans ton vers, alors, passe un souffle de prose.
Or, il n’est point d’oiseau, l’aigle tout le premier. Qui tout à coup, c’est fatal, ne se pose, Et n’enfonce, parfois, la patte en son fumier.
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