Versos French John-Antoine Nau Chemins

French poem

Chemins

by (1860–1918)

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Sentes si loin de tout, dans le désert breton Désert vert animé de mirages de fées, Sentes si enfermées dans le « feuillu » profond, Dans la sauvagerie ondante des buissons Et le mystère velouté des pins, frôlé Par une brise humide et si dolemment bleue, Qui me montrait, sous les taillis ébouriffés, Rebroussés, les flots dolemment bleus à des lieues ! Comme vous me saouliez, ô sentes de trappeurs Du brutal, farouche et fauve encens de vos fleurs ! Ô la folie de ma liberté fanfarante ! Et comme vous m’avez fait comprendre, le soir, Par le roux désespoir des lueurs déclinantes, Le bonheur d’être seul parmi vos rouges souches, La volupté d’être si loin — et, l’effroi noir Et la tristesse du « Petit Chaperon Rouge » !…