Versos French Joseph Lafon-Labatut Ix

French poem

Ix

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Une danse effrénée, ardente, Inconnue aux bons villageois, Emporte la jeune imprudente, Et son danseur qui, dans ses doigts, Presse sa taille et l'emprisonne, Et la serre ainsi qu'un étau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Point de trève, point de relâche! Ses traits ruissellent de sueurs; Sur son œil, un autre œil s'attache, Dardant une fauve lueur Qui la fascine et la baillonne Mieux que la couleuvre un oiseau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Oui, sa plainte avorte et s'enroue; Lumière et murs, cohue enfin, Autour d'elle font une roue Oui tourne et retourne sans fin; Dans son sein le sang qui bouillonne Monte tinter à son cerveau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

D'un noir délire l'âme pleine, Se détourner elle ne sait; Au lieu de l'amoureuse haleine Qui dans son haleine passait, Contre sa figure mignonne Un souffle effaré de museau! Si te diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Le musicien que décourage Leur pas fouleurs plus véhéments, Pour les suivre pousse avec rage La mesure et le mouvement; Toute sa verve fanfaronne Avait fait place au vertigo. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Une vague odeur de bitume Aux assistants se fait sentir; De l'étranger la bouche fume, Des flammes semblent en sortir; Puis le couple enfin tourbillonne Sans toucher des pieds au carreau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.