French poem
Apparition
by Louis Bouilhet (1821–1869)
Près des colombes, sous les toits, Au détour de la vieille rue, Dans ma chambrette d’autrefois Ma jeunesse m’est apparue ;
Ses cheveux flottaient sur son cou Libres et blonds comme les gerbes ; Ses yeux fixés on ne sait où Étaient pleins de rayons superbes ;
Au seuil du pauvre appartement Elle dressait toute sa taille ; Et sa voix sonnait rudement, Comme un clairon dans la bataille :
« Halte ici ! Passant curieux Qui reviens, après dix années, Troubler le silence pieux Des murailles abandonnées ! »