French poem
À Critias, pêcheur de baleines
by Maurice du Plessys (1864–1924)
Bon Critias, ta barque assidue aux Pléiades Se jou’ de Neptune inégal. Transfuge impatiente des rades Oisives, ell’ cingle au Nord poissonneux : la Fortune Souffle à ta poupe chasseresse et ores Que t’envient, forçant la barrière du large.
Nos cœurs pusillanimes, los à toi, Critîas ! ta main paît La troupe indocile des vagues !
La laine écumeuse, amie du foyer, Ni le chanvre au rouet riche d’un fil bourru, Ni la génisse dense aux nœuds du jonc caillée, Ni le blé battu à la grange, ni la charrue, Ni la biche aux crêtes périlleuses forcée, Ne sont tes œuvres, ô Critias ! ta main rue Le harpon rapide aux cétacés.
Et ni non plus, d’Iach perfide le triste vin, L’hydromel, ô Critias ! ni des fruits le suc, ne sont tes vains
Breuvages. Eh ! de quell’s urnes, de quelles coupes, Serait ta noble lèvre restaurée, À toi, Critias, à toi qui bois comme une bonne outre La bouche abondante de Borée !