French poem
La Mort de Chénier I (Plus haut que nos sanglots montaient leurs chants de fête...)
by Pamphile Le May (1837–1918)
Plus haut que nos sanglots montaient leurs chants de fête... Las de souffrir, le peuple enfin leva la tête; Il regarda le ciel dans un suprême espoir, Et jaloux de son droit, dans la peur de déchoir, Il tira du fourreau les éclairs de son glaive.
Le peuple le plus doux se réveille, et se lève Comme un vent de tempête, après qu'il a souffert. Il se reprend alors, lui qui s'était offert. Il marche vaillamment, sans souci des entraves. Les lâches sous le nombre écrasent-ils les braves? Quelquefois. Il le sait; mais il va sans regret, Car l'oeil de Dieu verra l'holocauste secret. On entendit soudain le rire de nos maîtres... La cause la plus sainte avait aussi ses traîtres: Des peureux, des vendus qui désertaient leur rang, Croyant payer trop cher d'une goutte de sang Un droit sacré. Qu'ils soient flétris! Et qu'on ne cesse, De dire à nos enfants leur coupable bassesse!
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