Versos French Pamphile Le May Le Jeune Chat et la Souris

French poem

Le Jeune Chat et la Souris

by (1837–1918)

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Un jeune chat venait de prendre Une souris; Il en sautait de joie, et ça peut se comprendre, Vu qu'il n'avait jamais rien pris. Il était demeuré jusqu'alors à l'étude De son métier, Avait été nourri par la sollicitude D'un vieux chat du quartier; Car l'histoire rapporte Que sa mère était morte En allant à la chasse au milieu des fourrés. Les détails de sa mort n'ont pas été narrés.

Donc notre petit chat, tout fier de son adresse, Voulut prolonger son plaisir En tachant pour la ressaisir, Avec plus d'art que de tendresse, La souris qui tremblait de peur. Il avait, je suppose, Vu pratiquer la chose Au vieux chat son tuteur. Il la faisait sauter au dessus de sa tête Ou bien rouler à quelques pas, Et la pauvre petite bête Tentait de s'échapper mais ne le pouvait pas, Car la griffe aiguisée La reprenait toujours. Elle était épuisée Et n'espérait plus de secours, Quand son jeune ennemi, trop grisé par la joie, Avant du lui croquer le cou, Pour lui rendre l'espoir, cruellement l'envoie Rouler au bord d'un trou.

—Je suis assez habile, Se disait-il d'un ton badin, Pour la prendre avant qu'elle file Par ce nouveau chemin. Pour moi c'est double fête, En vérité, Que de la prendre encor pendant qu'elle s'apprête A jouir de la liberté, Et c'est pour elle Peine deux fois mortelle.

Il se trompa; La souris s'échappa.

Il faut bien quelquefois infliger des supplices; C'est un devoir des plus touchants; Mais il faut se garder de mettre ses délices Dans les angoisses des méchants.