French poem
Le Retour du Voyageur
by Pamphile Le May (1837–1918)
Salut! salut! belle contrée! Je te connais à mes transports! Dans mes rêves tu t'es montrée, Quand j'ai pleuré loin de tes bords. L'étranger m'offrit un asile, De l'or et des amis joyeux, Mais j'aimais mieux le champ fertile Et le foyer de mes aïeux!
Dans le lointain je vois paraître Ma chaumière sur le coteau! Le peuplier que j'ai vu naître L'ombrage d'un épais rameau! Souvent, en ses heures amères, A genoux sous l'arbre tremblant, Ma mère offrit pleurs et prières Pour le retour de son enfant.
Je m'en souviens: sur ce rivage, Je venais rêver vers la nuit: J'aimais à voir l'oiseau sauvage Dormant sur le bord de son nid: Mon oeil suivait la faible lame Que traçait un léger canot; J'écoutais le bruit de la rame Et le chant du gai matelot.
C'est dans ces bois, dans ces prairies Que je courais petit enfant; Le front orné de fleurs chéries Au seuil j'arrivais triomphant. Et si quelque peine légère Venait troubler mon jeune coeur Dans les bras de ma tendre mère J'allais oublier ma douleur!