French poem
Le réveil au champ
by Pamphile Le May (1837–1918)
L'hiver n'est plus qu'un songe, N'est plus qu'un souvenir... Comme un remords qui ronge Et que l'on voit finir, L'hiver n'est plus qu'un songe, Et l'été va venir.
L'été plein de lumière, L'été plein de soleil Va dorer la chaumière. Aux champs dans le sommeil L'été plein de lumière Va sonner le réveil.
Comme un oeil doux qui s'ouvre Le lis alors est beau. L'érable nu se couvre Et, sur l'humble roseau, Comme un oeil doux qui s'ouvre, Brille une goutte d'eau.
Et partout des voix douces: Dans les blanches maisons, Parmi les frêles mousses, Sous les soyeux gazons... Et partout des voix douces Chantent les floraisons.
Gais les couples fidèles Dont l'exil est fini! Gais les battements d'ailes Sous le bois rajeuni! Gais les couples fidèles Qui vont bâtir leur nid!
Mai vient. Si l'on ne sème Le champ ne peut nourrir. Je t'aime, femme, et j'aime Voir les sillons s'ouvrir. Mai vient. Si l'on ne sème Dieu ne fait pas mûrir.
Ton souris m'encourage, Et, comme l'an dernier, Un vaillant labourage Remplira mon grenier. Ton souris m'encourage... Et me tient prisonnier.
Veux-tu que je t'éveille, Quand l'aube est de retour, Pour te dire à l'oreille... Si tu dors, cher amour, Veux-tu que je t'éveille Pour te dire bonjour?