French poem
Le Bon Bourgeois
by Paul Avenel (1823–1902)
Sous le céleste empire De Napoléon trois Le bourgeois, Pousse jusqu’au délire Le respect et l’honneur, Il a peur. Quel Béotien ! Quel Arcadien ! Il ne s’oppose à rien. Tout est très-bien, Tout est fort bien Pour ce bon citoyen.
A-t-il faim quand il mange ? A-t-il soif quand il boit ? Non, ma foi ! Sa maîtresse est un ange, Qui n’aime en lui souvent Que l’argent. Quel Béotien ! etc.
Ami de la routine, Il voit dans le progrès Des excès ; Il maudit Lamartine, Mais il pendrait Proudhon Pour de bon ! Quel Béotien ! etc.
S’il arrive à la Chambre, Il met la liberté De côté ; Du héros de Décembre Il vote sans regret Le budget. Quel Béotien ! etc.
Pour instruire sa femme, Il prend un confesseur Directeur ; Qui le fait, là, mais dame ! De par saint Escobar Bien cornard. Quel Béotien ! etc.
Le mot de République Lui donne, en sa maison, Le frisson ; Si grande est sa panique, Qu’il voit dans l’empereur Un sauveur ! Quel Béotien ! etc.