French poem
La Société des Gourdins-réunis
by Paul Avenel (1823–1902)
Veillons au salut de l’empire, Veillons au maintien des Gandins ; On aura beau faire et beau dire : L’empire a besoin de gourdins. Rallions-nous au chant des Pompiers de Nanterre ; Ce chant patriotique est bien digne de nous ! Vous verrez, à ce cri de guerre, Paris succomber sous nos coups, (bis)
Saint-Gourdin il faut que tu croies À nos privilèges sauvés ; Le Capitule avait ses oies, L’empire a ses petits-crevés. Rallions-nous, etc.
Remplaçons la gendarmerie, Par nos bons gourdins-réunis, Basile est de la confrérie ; Nous irons tous en paradis. Rallions-nous, etc.
Figaro porte la soutane Et révère Saint-Chassepot, Depuis qu’il met sa tête d’âne Dans le chapeau rond de Veuillot. Rallions-nous, etc.
Le bon Veuillot, cet honnête homme, A foi dans Saint-Martin-Bâton ; S’il nous revient jamais de Rome, Nous le mettrons dans du coton. Rallions-nous, etc.
Villemessant, en politique, Est une personnalité Qui vaut bien la statue antique Qu’on appelle la Probité. Rallions-nous, etc.
Par zèle, dans les cas extrêmes, Nous parcourrons les boulevards ; Nous nous ferons mouchards nous-mêmes Pour mieux moucharder les mouchards. Rallions-nous, etc.
Et dans notre rousse nouvelle Nous mettrons Cochin, Janicot, Coquille et toute leur séquelle Pour graisser la patte à Jocko. Rallions-nous, etc.
Faisons grand pour sauver l’empire Son docteur le dit au plus bas ; Si le ridicule conspire L’empire n’en reviendra pas. Rallions-nous, etc.
Guizot, Thiers et les deux chambres Au moribond tâtent le pouls ; Pour le saigner aux quatre membres Il ne manque plus que Falloux. Rallions-nous, etc.