French poem
La Cour du roi Pétaud
by Paul Avenel (1823–1902)
Air : Il était un roi d’Yvetot, Jadis, la cour du roi Pétaud, Était très-familière. Le seigneur frôlait le rustaud Dans cette fourmilière. C’était un turbulent séjour, Où l’on parlait et nuit et jour D’amour. Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah Quel doux régime c’était là ! La, la.
Pétaud était gai, bon, ouvert, Mais léger de cervelle ; Il tenait du roi Dagobert Et de Jean de Nivelle. Le peuple payait les valets, Tout en faisant de son palais Les frais. Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel doux régime c’était là ! La, la.
Ah ! quelle existence on menait Dans cette pétaudière ! Chacun jasait, allait, venait, Vivant à sa manière. Mais on était toujours d’accord, Quand il fallait prendre au Trésor De l’or. Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel doux régime c’était là I La, la.
Le roi faisait, sans réfléchir, Les plus folles dépenses ; Les Grands prenaient pour s’enrichir Le restant des finances ; Et le peuple, fort indulgent, Remplaçait, quand c’était urgent, L’argent. Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel doux régime c’était là ! La, la.
À ce prince on prêtait serment ; Mais c’était pour la forme ; Quand il voulait du dévoûment, Il attendait sous l’orme. Pour paraître de bonne foi, On arrangeait chacun pour soi La loi. Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel doux régime c’était là ! La, la.
On ne sut bien ce qu’il était Que lorsqu’il fut en terre ; Et le peuple qui le fêtait, Le maudit de colère ! Comme beaucoup de gouvernants, Ce père avait mis ses enfants Dedans. Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel doux régime c’était là ! La, la.