French poem
La Muse de l’histoire
by Paul Avenel (1823–1902)
Je suis la muse de l’histoire, J’écris pour la Postérité ; Je chante tour à tour la gloire, La Patrie et la Liberté. J’ai vu les peuples de la Grèce A Sparte, honorer la valeur, Et, dans Rome, j’ai vu Lucrèce Mourir pour sauver son honneur.
Moi, la muse noble et fière. J’ai pour sœur la Vérité, Et, de mon flambeau, j’éclaire La marche de l’humanité.
J’ai vu la gloire au moyen-âge Enivrant des peuples guerriers, Semer le meurtre et le pillage À travers des pays entiers. La guerre ? mais c’est la famine ! La paix ; c’est la prospérité ; La première fait la ruine, La seconde la liberté. Moi, la muse etc.
Notre âge moderne raisonne : Le travail est un saint devoir ; Et le progrès, au pauvre, donne Du pain blanc au lieu de pain noir. La France marche, elle progresse, On sent un avenir meilleur ; Les plus beaux titres de noblesse Sont les outils du travailleur. Moi, la muse etc.
Oui, mais l’empire avec la force Commet les plus sanglants abus ; Depuis décembre c’est la Corse Qui tue en France les vertus. Ah ! J’aimais mieux quatre-vingt-treize Avec ses immenses excès ! Ne chantez plus la Marseillaise : Français, vous n’êtes plus français ! Moi, la muse, etc.