French poem
Le Réveil
by Paul Avenel (1823–1902)
Peuple aujourd’hui ton grand bon sens étonne Rome et Paris, le pape de l’empereur ; Le despotisme en perdra sa couronne. L’ouvrier rit et le bourgeois a peur,
Les chassepots à Rome ont fait merveille Pour un pouvoir tombant de vétusté ; L’urne lait mieux : un peuple se réveille ! Paris debout marche à la liberté. (bis).
Napoléon l’illustre tueur d’hommes, Vécut longtemps du soleil d’Austerlitz, Cet astre encore éblouit nos Prudhommes Soyons cléments pour ces pauvres esprits. Le fer n’est plus l’argument de la force. L’idée est tout : c’est la fraternité. La tyrannie, un jour, sortit de Corse, C’est du scrutin que sort la liberté. (bis).
Le peuple voit que la France est sevrée Des droits sacrés que ses aînés ont eus ; Sa forte main déchire sa livrée, Il paye encor, mais il ne chante plus.
Il parle haut ; sa voix rompt l’équilibre Qui supprimait sa souveraineté. Il sent enfin qu’il peut se rendre libre : C’est de lui seul qu’il veut la liberté. (bis)
O Rochefort, du feu de ta lanterne Tu lui montras les abus du pouvoir. Un atelier vaut mieux qu’une caserne, Le peuple apprend, il fera son devoir. Le noir cancer qui ronge sa poitrine Vient des impôts mis sur la pauvreté ; Le statu quo, consacre la routine, Quand le progrès mène à la liberté. (bis).
On sait que l’homme au regard glauque et terne Qui pour régner gaspille notre argent, Ne peut braver l’éclair de ta lanterne Quand tu défends le peuple intelligent. L’ouvrier veut avoir le droit de vivre : Jusqu’à présent ce droit fut contesté… Marche en avant, on n’aura qu’à te suivre Pour conquérir enfin la liberté.