French poem
Le Te Deum
by Paul Avenel (1823–1902)
Air : Eh ! qu’est-c’ qu’ça m’fait à moi. Amis on vient de me dire Qu’on discute en très-haut lieu S’il faut mêler le bon Dieu Au peuple qui ne sait lire ?
Faut-il un Te Deum, Pour le salut de l’empire ? Faut-il un Te Deum ? Quod erat démonstrandum.
Contre nos droits tout conspire : Tartuffe veille au Sénat Et dans le conseil d’État Nos Cujas ont le délire ! Faut-il un, etc.
On fait la hausse et la baisse À la Bourse, quel gâchis ! Mais aussi que d’enrichis Se disent : Sauvons la caisse ! Faut-il un, etc.
La Marguerite a voiture Depuis qu’un vieux vient la voir ; Par elle on pourrait avoir Une bonne préfecture. Faut-il un, etc.
À l’armée on crétinise Les fils de nos paysans ; Jugez donc, après neuf ans, De leur dose de bêtise. Faut-il un, etc.
Les dévots et la prêtraille Accaparent les honneurs, Et du haut de leurs grandeurs Au bon sens livrent bataille. Faut-il un, etc.
Avec ton œil de Satyre Si tu sortais du néant : Devant ce gouffre béant Voltaire je vois ton rire. Faut-il un Te Deum Pour le salut de l’empire ? Faut-il un Te Deum Quod erat démonstrandum.