French poem
Les Comptes fantastiques d’Haussmann
by Paul Avenel (1823–1902)
Quand Julien fait des boulettes C’est un bien grand pâtissier ; Quand Haussmann double nos dettes, C’est un bien grand financier ! Et, tous les jours il régale Comme architecte ou maçon, Notre chère capitale, D’un beau plat de sa façon. Ce préfet, Est parfait, Il fait bien tout ce qu’il fait.
Ainsi qu’une tarte aux pommes, Il triangule un quartier ; Ah ! c’est le premier des hommes Pour employer le mortier ! S’il crée une grande artère, Il passe par dessus tout, Mais en jetant tout par terre… Et lui seul reste debout. Ce préfet, etc.
Ce préfet est homme rare, Mais il est fort dépensier ; Édifice, rue ou square Doivent au Crédit foncier ; Et s’il nous amène un fleuve Par un aqueduc nouveau : C’est qu’il faut qu’il nous abreuve… Payons et buvons de l’eau ! Ce préfet, etc.
Ah ! les comptes fantastiques D’Haussmann sont très-contestés, Nos députés élastiques Les ont toujours adoptés ; On n’a jamais vu la Chambre Désapprouver ce qu’il fait ; Elle dirait : ça sent l’ambre S’il daignait lui faire un p… Ce préfet, etc,
On sait, par expérience, Que jamais Rouher ne ment, Et qu’elle est son influence Dans notre gouvernement ; Ne sachant comment s’y prendre Notre Auvergnat s’est blousé, Quand il a voulu défendre Le Paris haussmannisé. Ce préfet, Est parfait, Il fait bien tout ce qu’il fait.