French poem
« Je crois que tout mon lit de chardons est semé »
by Philippe Desportes (1546–1606)
Je crois que tout mon lict de chardons est semé, Qu’il est rude et mal fait. Hé Dieu ! suis-je si tendre, Que je n’y puis durer ? je ne fay que m’estendre Et ne sens point venir le somme accoustumé.
Il est apres my-nuit, je n’ay pas l’œil fermé, Et mes membres lassez repos ne peuvent prendre. Sus, Phœbus, leve-toy, ne te fay plus attendre, Et de tes clairs regars rens le ciel allumé.
Que la nuit m’importune, et m’est dure et contraire ! Mais pourtant c’est en vain, ô Phœbus que j’espere D’avoir plus de clarté par ton nouveau retour ;
Car je serai couvert d’une effroyable nuë, Tant qu’un plus beau soleil, qui me cache sa veuë, Vienne luire à Paris et m’apporte le jour.
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