French poem
Le Sein d’Amaranthe
by Pierre de Marbeuf (1595–1645)
Mon esprit qui tousiours d’vn vain espoir s’apaise, Compare vostre sein, dont ie suis enuieux, À des ieunes boutons, puis il dit à mes yeux, Si vous les pouuiez voir ne mourriez-vous point d’aise ?
Ainsi dans mon esprit s’allume vne fournaise, Et son feu se nourrit d’vn obiet gracieux, Qui me fait conceuoir en tout & en tous lieux, L’enfleure de ce marbre où fleurit vne fraise.
Enfin si vostre amour demeure le vainqueur, Et si iusqu’à la mort vous poursuiuez mon cœur, Mon Amaranthe, au moins donnez-luy sepulture.
Que si vous voulez suiure en cela mon dessein, Son tombeau n’aura pas vne autre couuerture Que du marbre qu’on voit qui blanchit vostre sein.
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