French poem
Le Ciel ne veut, Dame, que je jouisse
Le Ciel ne veut, Dame, que je jouysse De ce doux bien que dessert mon devoir : Aussi ne veux-je, et ne me plaist d’avoir Sinon du mal en vous faisant service. Puis qu’il vous plaist que pour vous je languisse, Je suis heureux, et ne puis recevoir Plus grand honneur, qu’en vous servant pouvoir Faire à voz yeux de mon cœur sacrifice. Donc si ma main, maugré-moy, quelquefois De l’amour chaste outrepasse les loix, Dans vostre sein cherchant ce qui m’embraise, Punissez-la du foudre de voz yeux, Et la brûlez : car j’aime beaucoup mieux Vivre sans mains, que ma main vous desplaise.