French poem
Poème 185 (Bien que les chams, les fleuves…)
Bien que les chams, les fleuves, & les lieus, Les monts, les bois, que j’ai laissé derriere, Me tiennent loin de ma douce guerriere, Astre fatal d’ou s’ecoule mon mieus:
Quelque Demon par le congé des cieus, Qui presidoient a mon ardeur premiere, Conduit toujours d’une aele coutumiere Sa belle image au sejour de mes yeus.
Toutes les nuits, impatient de hâte Entre mes bras je rembrasse & retâte Son ondoiant en cent formes trompeur:
Mais quand il voit que content je sommeille, Moquant mes bras il s’enfuit, & m’esveille, Me laissant plein de vergogne & de peur.
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