French poem
Le grand Marcheur
by Pierre-Jean de Béranger (1780–1857)
Je suis un marcheur agile ; J’ai le pied bon, le corps sain. À la campagne, à la ville, Jour et nuit je vais grand train. Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile, J’enfile droit mon chemin.
Lorsqu’une fille nubile Devant moi trotte à dessein, La poursuivre m’est facile… Je cours, l’attrape, et soudain, Leste et gai, j’enfile, etc.
Dans un sentier difficile, J’avance la canne en main ; Une pucelle indocile Voudrait m’écarter en vain ; Leste et gai, j’enfile, etc.
Qu’un buveur, amant débile, Marche d’un pas incertain, Moi, pour plaire à ma Lucile, Quoique souvent pris de vin, Leste et gai, j’enfile, etc.
Mon médecin, homme habile, M’ordonne l’air du matin ; Que vingt tendrons à la file Se trouvent dans mon jardin, Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile, J’enfile droit mon chemin.