French poem
L’Absinthe
by Raoul Ponchon (1848–1937)
Absinthe, je t’adore, certes ! Il me semble, quand je te bois, Humer l’âme des jeunes bois, Pendant la belle saison verte !
Ton frais parfum me déconcerte. Et dans ton opale je vois Des cieux habités autrefois, Comme par une porte ouverte.
Qu’importe, ô recours des maudits Que tu sois un vain paradis, Si tu contentes mon envie ;
Et si, devant que j’entre au port, Tu me fais supporter la Vie, En m’habituant à la Mort.