French poem
La Vallière est boiteuse : elle a de doux écarts
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
La Vallière est boiteuse : elle a de doux écarts. Elle sert d’exercice à Jupin qui prélude ; Il l’entraîne en l’Olympe — et la rupture est rude : Il la laisse tomber du haut de ses regards.
Du char de Jupiter elle orne les brancarts, De moins de volupté que de mansuétude ; Comme d’aimer les dieux elle a pris l’habitude, Elle trouve la bure au sortir des brocarts.
Une céleste Cour pour son exil se rouvre : Versailles fut un temple — un couvent est un Louvre ; Jésus sera fidèle où Louis a menti.
De ses fins cheveux blonds elle tresse une corde ; Et, comme un Ange fait d’un Éros repenti, Devient, Louise, Sœur de la Miséricorde.
More by Robert de Montesquiou
- La Marquise est bavarde et caquète de loin
- La Nature à l’Histoire emprunte ses effets
- La Nature reprend ses droits sur tes vestiges
- La Pompadour fut Reine en son orgueil gaucher
- Lamballe fut sublime : elle égale Sombreuil
- Le Ciel est rose et bleu pour plaire à la Marquise
- Le grand enterrement de la Terre s’ébauche
- Le Parc a pris, par place, un ton de rouge étrusque