French poem
Le grand enterrement de la Terre s’ébauche
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Le grand enterrement de la Terre s’ébauche, Se creusant à soi-même une fosse, où descend Sa boue, incorporée aux feuilles rouge sang, Que, pour se transfuser leur sève, le vent fauche.
Pour le grand jugement où les boucs sont à gauche, À droite, les brebis, tonne le Tout-Puissant : Il jugera les jours au poids le plus pesant De leur mansuétude ou bien de leur débauche.
On enterre l’automne : — elle n’est qu’un linceul ! C’est son feuillage mort qui richement lui tisse Un semblant de cadavre, où le trépas est seul.
La tombe reste vide : — il lui faut une proie. — Qui se dévoue, amis ? — C’est ici que l’on broie… Ne se trouvera-t-il personne pour mourir ?
More by Robert de Montesquiou
- La Pompadour fut Reine en son orgueil gaucher
- La Vallière est boiteuse : elle a de doux écarts
- Lamballe fut sublime : elle égale Sombreuil
- Le Ciel est rose et bleu pour plaire à la Marquise
- Le Parc a pris, par place, un ton de rouge étrusque
- Le pétale de rose, aux murs d’Élagabale
- Le plus pur des Bourbons est un orphelin blême
- Le Soleil fut ton Dieu, tes espèces, ton astre