French poem
Le Soleil fut ton Dieu, tes espèces, ton astre
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Le Soleil fut ton Dieu, tes espaces, ton astre ; Ton Miroir de Vénus, ta lampe d’Aladin : Tu violes son trône — il franchit ton gradin ; Sur son orbe, ton front coïncide, et s’encastre.
Il flamboie en tes yeux, lustre ton épigastre ; Tes Nymphes l’ont pour sceptre et pour vertugadin. Il est le tournesol mouvant de ton jardin ; Il est le mascaron brûlant de ton pilastre.
Tu l’arrêtes au Ciel ainsi que Josué ; Et, dans son tabernacle, ostensoir de la France, Versailles le contient, monstrueuse monstrance.
En ta Royale Essence il semble transmué ; Et, lorsque son déclin se pose sur l’abîme, Le Monde communie en ton solaire azyme.
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