French poem
Le plus pur des Bourbons est un orphelin blême
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Le plus pur des Bourbons est un orphelin blême. Tendre Dauphin broyé, l’Enfant Louis Dix-Sept Humanise en ses traits l’Enfant de Nazareth, Fils de dieux et de rois qu’adopte Dieu lui-même !
Des épines, au front, lui font un diadème ; Le miracle embaumé de Sainte Élisabeth En ses bras torturés a rejailli plus net ; Les lis de son manteau lui servent seuls de chrême.
Il porte un sceptre en fleurs, d’un air de Séraphin ; Son décès discuté le fait vivre sans fin ; Son sort, qui semblait dur, un mystère l’élide.
Son trépas, à jamais demeure partiel. C’est comme un Papillon qui fuit sa chrysalide, Et dont le doux vol bleu se fond avec le Ciel.
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