French poem
Avignon m’apparaît
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Avignon m’apparaît dans sa charmante enceinte D’un joli, grave encor, d’un sérieux mignon ; Si bien que l’on dirait, sans jouer sur le nom, Que Mignard, d’après Rome, en copiant l’a peinte
(Ce Mignard le Romain aimait fort Avignon) : Jolis remparts sans louve, un Vatican sans crainte, Pour Tibre le grand Rhône, orageux compagnon, Mais aussi la Durance ; et puis Laure pour sainte.
C’est du romain plus tendre, en Provence il est né ; C’est du romain venu près du bon roi René. Des papes sommeillants le tombeau rit encore ; Et mon sonnet léger et pourtant attendri N’est qu’un feston de plus sur leur marbre fleuri, Une perle de plus, dans ta couronne, ô Laure !