French poem
Les Délires
by Tristan L’Hermite (1601–1655)
IE suis prest à mourir, voicy mon dernier iour ; Ie ne voy plus Philis, & le Ciel que i’implore Pour comble de mal-heurs veut adiouster encore La chaleur de la fieure à celle de l’Amour.
Alors que le Soleil prepare son retour, Et que les prez sont pleins des larmes de l’Aurore, Quelque fois en dormant ie me trouue au sejour Où vient de s’en aller la Beauté que i’adore.
Surpris en la voyant par ceste douce erreur, Moy qui n’apperçois plus que des obiects d’horreur, Et dont les tristes yeux ne s’ouurent plus qu’aux larmes.
Ie croy que du trespas i’ay ressenty l’effort, Et que tant de beautez, de graces, & de charmes Sont les felicitez qu’on trouue apres la mort.