French poem
Sonnet au lieu de sa naissance
by Abraham de Vermeil (1589–1620)
ROchers entrecouppez où ie prins ma naissance, Que ne fondistes-vous sur mon triste berceau ? Heureux & plus qu’heureux si i’eusse eu mon tombeau Auant que d’esleuer tant de tombeaux en France. Nymphes qui trepignez soubs la viue cadance, Dont voz flots argentins entrecoupent leur eau, Que n’opposastes vous voz flots en un monceau Contre moi, qui quittois ma vieille demeurance : Mais ces regrets sont vains, dites moi seulement, O Nymphes auez-vous quelque soulagement Contre le feu d’amour qui deuore mon ame : Et vous rochers haultains, auez-vous rien de dur, Qu’on lui puisse opposer ? las : defendez mon cœur, Et le foudre & l’esté iamais ne vous diffame.
A. D. V.