French poem
168 (Épuisons, si tu veux, ce thème…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Épuisons, si tu veux, ce thème des romans. Au jardin, tu m’as dit : « Je n’en ai plus que faire. » Et, sur ce, j’aurais pu te répondre, sévère : « Ah ! cela n’est pas vrai ! Je suis sûr que tu mens. »
Tu mentais. Les romans sont les seuls ornements De ton oisiveté pesante et somnifère. Tu n’en veux plus ? Tu mens ! Ton esprit les espère : C’est sa manne ; il n’a pas de meilleurs aliments.
En pâture, sous peu, je t’offrirai le nôtre. Somme toute, ma chère, il en vaut bien un autre. À mes yeux, des romans c’est le nec plus ultra.
Il est vraiment le seul que je devrais écrire ; Et je m’y mets, pour me distraire… Il te plaira. Puisque tu n’aimes pas les romans qui font rire.