French poem
166 (Ta mère, qui s’en fut si…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Ta mère, qui s’en fut si prématurément Du globe sur lequel vaillamment tu persistes. Pâle et lasse sans cesse en ses blanches batistes, Comme toi, m’as-tu dit, lisait à tout moment.
Mais elle n’avait soif, vouée au sentiment, Que de mièvres auteurs, purs autant que puristes ; Et, suivant leurs héros convenables et tristes, Elle s’oubliait toute en leur propre tourment.
Dans les prouesses érotiques, les folies, De tes héros à toi jamais tu ne t’oublies : En vivant leurs romans, tu vis le tien aussi :
Et, feuilletant les leurs, tu hausses les épaules Avec pitié, parfois ; car, voyons, Dieu merci ! Tu ferais beaucoup mieux dans tous ces premiers rôles.
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