French poem
Calme
by Louis Chadourne (1890–1925)
L’un vers l’autre, Nos corps ont déferlé, comme deux lames ; Le ciel était baigné de lune Et pareil à la mer laiteuse.
Voici que maintenant la tempête est calmée Et que je m’assoupis au rythme de ton cœur ; Ton visage s’efface et tes mains se délient, Et tu fuis, comme une eau ténébreuse et paisible.
Mon amour, les collines taciturnes Ont moins purement enlacé la nuit Que le collier de tes bras noués sur mes épaules.
Une corne d’argent décroit sur la montagne. Mon amour, laisse errer sur nos corps désunis, Nos rêves confondus ainsi que nos deux ombres.