Versos French Marie Krysinska Aurore d’âme

French poem

Aurore d’âme

by (1857–1908)

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Les lampes de la fête brillante Bientôt vont pâlir devant l’aube levante. Les coupes vacillent, Aux mains des folles filles Parées des roses du désir.

La vieille Rome épuisée de plaisirs Ivre de sang versé, rit encore cette nuit.

Magdelaine, la plus belle courtisane, est parmi La fête splendide et lugubre aussi, Car voici L’amphitryon qui s’est donné la mort, par le poison Bu dans la dernière coupe de vin Sans interrompre sa chanson.

Magdelaine songe : — Cet homme a eu raison. La vie est mauvaise et laide et toujours pareille, Mentir aux autres, mentir à soi-même ! Naîtra-t-il au ciel noir quelque soleil spirituel Où brûler avec un élan de foi Son âme tout entière, Son âme lamentable, son âme de joie, Son âme lasse.

Or, le jour paraît, et dans sa bleue lumière, C’est Jésus qui passe.