French poem
Aurore tragique
by Marie Krysinska (1857–1908)
Au firmament blémi des apparitions roses D’ailes lointaines d’oiseaux Palpitent. Et bientôt Élargies, elles planent plus haut, Zébrées de carmin éclatant Comme trempées dans le sang.
Et voici qu’un jour livide Se lève sur des espaces jonchés De morts héroïques par le combat fauchés.
Ce furent de jeunes hommes aux prunelles candides, Des mères les attendent, douloureuses mères ! Des fiancées, filant leur voile d’épousée, Prient… espèrent.
Cependant la pourpre sombre Où sont gisants les guerriers trépassés Ensanglante la pénombre Et se reflète au ciel empourpré.
Aurores tragiques ! Nuages déchirés, Cuivres ternis parus à l’orient, Comme d’antiques boucliers,
Ciels désolés vous êtes fraternels Aux douleurs de la terre, Qui mire en vous son rêve fuyant.