Versos French Marie Krysinska Aurore d’amour

French poem

Aurore d’amour

by (1857–1908)

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Qu’elles sont séduisantes à voir Les aubes incertaines de printemps, Toutes roses de désir, toutes dorées d’espoir, Sur l’azur léger s’éveillant.

Tel naît aussi le jeune amour Au cœur adolescent ; Est-ce encore la nuit, est-ce déjà le jour Cette ombre douce, ce reflet tremblant ?

Faut-il craindre vos flèches, archers ; Grand Apollon, Eros malicieux ? L’amour est si charmant en ses troubles premiers, Le soleil resplendit de rayons si glorieux.

Qu’importe que plus tard brûlées Par le feu des midis d’été Les herbes penchent et languissent. Et par la vie ennemie, blessées Nos chères illusions périssent.

Qu’importe que les plus belles fleurs Meurent dans la tourmente automnale, Et que nos âmes — harpes de douleur — Frissonnent sous un âpre vent sonore,

Puisque pour un instant la nature et nos âmes Auront brillé d’une lumière d’aurore.