French poem
Aurore première
by Marie Krysinska (1857–1908)
Comme elles devaient être belles Les aurores premières Sur un monde commençant
Vierges, limpides, immaculés, Les vastes espaces dormaient Au sein d’un éther innocent.
Déjà la neuve futaie Que nul pas n’a profanée Couronne les monts surgis.
Partout un silence sacré ; — Elle n’est pas encore née La naïve chanson des nids. —
Le fleuve — ruban brillant Parmi les brousses se déroulant — Mire l’éclat d’un ciel splendide.
Mais, la mer — infini de flots purs Où semble englouti tout l’azur — Déferle sur le sol aride.
En larges strophes cadencées, Elle chante — cette mer inspirée — L’étendue l’écoute recueillie :
« Tressaillez, fleuves et forêts ! « Frémissez, terre nouvelle née ! « Je suis la Vie. »