Versos French Paul Harel Janvier

French poem

Janvier

by (1854–1927)

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Aux petits oiseaux du bon Dieu patrie Les halliers servent de patrie ; Fougère, viorne défleurie, Ronce fauve et houx au milieu. Le vieux houx est l’hôtellerie Des petits oiseaux du bon Dieu.

À leur vieille auberge du Houx Ils ont le couvert et le vivre ; Sous la neige et parmi le givre, On y donne des rendez-vous. Plus d’un habitué s’enivre À la vieille auberge du Houx.

À la vieille auberge du Houx Les moineaux sont sur le qui-vive, Quand la saison d’hiver arrive, Et les roitelets sont jaloux En entendant voler la grive Vers la vieille auberge du Houx.

À la vieille auberge du Houx Les provisions ménagées Par la grive sont ravagées ; Elle les pique à petits coups Et les croque comme dragées À la vieille auberge du Houx.

À la vieille auberge du Houx On n’a pas l’ivresse méchante ; L’amoureux, de taçon touchante, Y siffle de petits airs doux. Quand la taim se tait, le cœur chante À la vieille auberge du Houx.

À la vieille auberge du Houx, Au crépuscule et dans la brume, Jamais chandelle ne s’allume. On s’y couche au lever des loups. Tout le monde dort sous la plume À la vieille auberge du Houx.

À la vieille auberge du Houx Les lits sont faits par la nature ; Chacun se perche à l’aventure Et si les vents sont en courroux. On est bercé dans la toiture De la vieille auberge du Houx.

Pour cave l’auberge du Houx A le frais trésor d’une source ; Le merle y fait halte en sa course. La carte est la même pour tous : Nul n’a jamais vidé sa bourse À la vieille auberge du Houx.

À la vieille auberge du Houx L’or ne fleurit point sous la haie Et c’est en chansons que l’on paie. Les oiseaux sages et les fous Ne donnent pas d’autre monnaie À la vieille auberge du Houx.

Hôtel des oiseaux du bon Dieu, Qui dans le fond de tes chambrettes, À travers les ombres discrètes, Introduis le firmament bleu, Ah ! fais donc chanter les poètes Comme les oiseaux du bon Dieu !