French poem
Si j’estois dans un bois poursuivi d’un lion
by Théophile de Viau (1590–1626)
Si j’estois dans un bois poursuivy d’un lion, Si j’estois à la mer au fort de la tempeste, Si les Dieux irritez vouloient presser ma teste Du faix du mont Olympe et du mont Pelion ;
Si je voyois le jour que vid Deucalion Où la mort ne cuida laisser homme ny beste, Si pour me devorer je voyois toute preste La rage des flambeaux qui brusloient Ilion,
Je verrois ces dangers avecques moins d’ennuy Que les maux violents que je souffre aujourd’huy Pour un mauvais regard que m’a donné mon ange.
Je voy desjà sur moy mille foudres pleuvoir : De la mort de son fils Dieu contre moy se venge Depuis que ma Phillis se fasche de me voir.
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