French poem
Si quelquefois Amour permet que je respire
by Théophile de Viau (1590–1626)
Si quelquesfois Amour permet que je respire, Et que pour un moment j’escoute ma raison , Mon esprit aussi tost pense à ma guarison, Taschant de m’affranchir de ce fascheux empire.
Il est vray que mon mal ne peut devenir pire, Qu’un esclave seroit honteux de ma prison, Et que les plus damnez, à ma comparaison, Trouveroient justement des matières pour rire.
Cloris, d’un œil riant et d’un cœur sans remords, Me tient dans les tourmens pires que mille morts, Sans espoir que jamais sa cruauté s’amende.
Helas ! après avoir à mes douleurs songé, Je voudrois me resoudre à demander congé ; Mais j’ay peur d’obtenir le don que je demande.
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