French poem
Scamandre enflé des corps que ton bras abbatoit
by Abraham de Vermeil (1589–1620)
Scamandre enflé des corps que ton bras abbatoit, Te fit craindre, Gregeois, ses ondes furieuses : Pensif tu regardois tes mains victorieuses, Alcide tempesté dans la nef qui parloit : Tu appellois, Troyen, quand Iunon t’agitoit, Les ames des occis quatre fois bien-heureuses : Et toi sœur de Roger eus peur des mers affreuses le ciel courroucé car le vent tempestoit : Mais Amour furieux qui flotte dans mes larmes, Hideuses de souspirs, de sanglots & d’allarmes Se iouë de mon cœur qui lui sert de bateau. Ne crains-tu point, meschant que tes flammes cuisantes s’esteignent dans les flots mes larmes naissantes, Puis que tous ces guerriers ont fremi dessus l’eau ?
A. D. V.
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