French poem
Si jadis Jupiter eust delugé les flammes
by Abraham de Vermeil (1589–1620)
Si iadis Iupiter eust delugé les flammes, Mes feux r’allumeroiẽt des feux à l’Vnivers : Si le fils de Clymene eut desseiché les Mers Mes pleurs donroiẽt des flots aux poissons & aux rames. Si le Grec fort des vents eust abysmé leurs ames, Mes soupirs produiroient des orages aux ers, Si Orphee eust banui les tourments des enfers, Ma peine suffiroit pour les esprits infames Si ce tout s’abysmoit dans le Rien son vainqueur, L’Amour retrouueroit son chaos dans mon cœur, Pour recouuer soubs soi l’estre d’vn nouueau monde Et si tu restes seul entre les Deitez, Tu prendras de mon sein mille diuinitez, Iupiter pour regir le ciel, la Terre & l’onde.
A. D. V.
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