Versos French Aristide Bruant À Lyon

French poem

À Lyon

by (1851–1925)

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Bref, nous partons avec Émile Pour visiter l’Exposition De Lyon. Ceci se passait en l’an mille- Huit-cent-quatre-vingt-quatorz’. Juste En débarquant, l’air navré, Émil me dit : « Dis donc, Auguste, Un curé ! »

Nous touchons du fer et, dar’ dare, Nous courons à l’Exposition De Lyon. Plac’ Bell’cour, yavait un’ fanfar Avec, autour, des gens d’la ville Qui prenaient des airs inspirés. « R’ garde donc, que j’dis à Émile. Deux curés ! »

Nous r’touchons du fer, puis… en route ! Nous filons à l’Exposition De Lyon. Émil’ disait : « Vrai, ça m’dégoûte… » Quand, dans la ru’ d’la République, Où qu’nous nous étions égarés, Qu’est-c’ que nous voyons près d’un flique ? Trois curés !

Alors nous obliquons à droite, Pour aller à l’Exposition De Lyon. Nous enfilons un’ rue étroite, Puis nous traversons la rivière, Et… quéqu’ nous trouvons amarrés Au coin du quai d’la Guillotière ? Quat’ curés !

Par la porte monumentale, Nous entrons à l’Exposition De Lyon. Un’ macédoine orientale, Quéqu’ chos’ comm’ qui dirait un’ foire, Un’ salad’ de gens bigarrés Gueulant : Boum ra ta coum ! et noire De curés !

— Ben, crottas ! que j’dis à Émile, C’est ça l’Exposition De Lyon ! Ah ! non… foutons l’camp de c’tte ville ! Vrai, j’en ai soupé d’leur boutique ! On n’y trouv’ que des tonsurés ; C’est pas un’ vill’… c’est un’fabrique De curés !