French poem
Depuis qu’on m’a donné licence d’esperer
by Théophile de Viau (1590–1626)
Depuis qu’on m’a donné licence d’esperer, Je me trouve obligé d’aymer ma servitude. Je n’accuseray plus Cloris d’ingratitude, Puis qu’elle me permet l’honneur de l’adorer.
Je croy qu’après cela tout me doit prosperer, Que mon amour sera franc de solicitude, Et que le sort humain n’a point d’inquietude Dont mes felicitez se puissent alterer.
J’espere desormais de vivre sans envie Parmy tous les plaisirs que peut donner la vie. Je voy mes plus grands maux entierement gueris.
Mon ame, mocque toy des feux que tu souspires, J’espere des thresors, j’espere des empires, Et si n’espere rien que de servir Cloris.