French poem
Morte
by Paul Harel (1854–1927)
Je l’attends, tu sais bien ? m’a dit l’enfant qui joue. Où donc est pauvre Jeanne ? Et j’ai baissé les yeux Et j’ai senti soudain des pleurs silencieux Jaillir de ma paupière et glisser sur ma joue.
Je me suis détourné, Thérèse a fait la moue, Un nuage a passé sur son front gracieux, Puis cherchant mon regard : Où donc est-elle ? Aux cieux. C’est haut ? Très-haut. Alors on n’est pas dans la boue ?
— Ah ! les cieux, c’est très-haut. On va par le clocher ? Pauvre Jeanne a pourtant bien du mal à marcher. Papa, donne ta main, allons au-devant d’elle…
Et je reste pensif, immobile, confus, Sanglotant et songeant i ma Jeanne fidèle, Pendant que mon enfant pleure de mon refus.